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La Table d’Emeraude et des connaissances secrètes

La Table d’Emeraude est l’un des textes les plus connus de la tradition Esotérique et Alchimique.

Selon la tradition, cette tablette gravée dans une Emeraude aurait été retrouvée dans le tombeau d’Hermès Trismégiste, le père fondateur Grec des pratiques Alchimiques. Cela ne veut pas dire d’ailleurs, que ce soit lui qui soit l’auteur de ce texte, mais il l’a assurément exploité très largement.

Comme beaucoup de penseurs et de philosophes grecs, les sources d’inspirations, pour ne pas dire les sources d’informations, venaient très souvent d’Egypte.

Le Grand Hermès Trismégiste

Pour beaucoup, les contenus de la Table d’Emeraude auraient été rédigé par Thot (Grand dieu Egyptien des connaissances). Certains pensent même qu’Hermès Trismégiste et Thot seraient la même personne.

Le Grand Thot, dieu Egyptien des connaissances

Le contenu est construit seulement autour de douze formules d’expression alchimique qui ont donné des maux de tête à tous ceux qui ont essayé de percer le mystère de cette tablette de pierre précieuse, ou d’argile, car on n’est pas sûr qu’elle était en Emeraude.

En effet, l’Emeraude est très symbolique, elle représente les connaissances secrètes, et, à part les dires du Grand Hermès, on n’en a aucune autre preuve.

Edition originale du texte latin de la tabula smaragdina : La Table d’émeraude d’Hermès Trismégiste sur l’alchimie, par un traducteur inconnu

Mais le plus important est son contenu, et le fait que ces enseignements précieux soient arrivés jusqu’à nous, est un privilège à méditer avec humilité, amour et sagesse.

Table d’émeraude – Traduction française de la « vulgate » latine (XVIe siècle) :

« I – Il est vrai sans mensonge, certain & très véritable.

II – Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut : & ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose.

III – Et comme toutes les choses ont été, & sont venues d’un, par la méditation d’un : ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation.

IV – Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l’a porté dans son ventre ; la terre est sa nourrice.

Le soleil en est le père, la lune est sa mère

V – Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière,

VI – si elle est convertie en terre.

VII – Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec grande industrie.

VIII – Il monte de la terre au ciel, & derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures & inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; & pour cela toute obscurité s’enfuira de toi.

IX – C’est la force forte de toute force : car elle vaincra toute chose subtile, & pénétrera toute chose solide.

X – Ainsi le monde a été créé.

XI – De ceci seront & sortiront d’admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici.

XII – C’est pourquoi j’ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j’ai dit de l’opération du soleil est accompli, & parachevé. »

La deuxième formule est certainement la plus connue, et nous sommes tout juste en train de découvrir, à notre époque, l’étendue phénoménale de cette simple phrase.

Macrocosme et Microcosme

(Voir : Connaissances Oubliées de la table d’Emeraude)

Je tiens à mettre en évidence la douzième formule, qui évoque assez clairement, que le nom d’Hermès Trismégiste est donné après une certaine reconnaissance, celle d’avoir en sa possession les trois parties de la philosophie du monde, ou des mondes. Il avait donc un autre nom avant.

D’ailleurs « Trismégiste » vient de la racine « Tris », donc trois. En extrapolant un peu, mais çà n’engage que moi, « mégiste » n’est pas très éloigné de « magiste » ou « mage ». Les mages ont toujours été considérés comme des philosophes, dont le mot vient de « sagesse ». C’est de là que vient le nom de la « pierre philosophale » ou « Pierre des philosophes ».

la recherche du Grand Œuvre universel : L’amour, la sagesse et la connaissance

Il est clair que les autres formules sont dédiées à l’Alchimie, et à la manipulation des éléments pour obtenir quelque chose ; peut être la pierre philosophale, le Grand Œuvre. Mais à quelle Alchimie ce texte fait-il référence ? A celui de la maîtrise de la matière, du mental ou de l’esprit ? Est-il une simple recette pour transformer du plomb en Or ?

(Voir Article : Pierre Feu Or et Eternité)

Il y a fort à parier que les sages enseignements divulgués ici sont dix mille fois plus ambitieux et plus subtils, cherchant à viser un Grand Œuvre de toute autre nature.

A l’évidence, le résultat que l’étudiant obtiendra, sera proportionnel à l’angle de vue qu’il utilisera ; vaste et sans limite, ou au contraire ridiculement étriqué.


Pierre Feu Or et Eternité

La Pierre philosophe est certainement la Pierre magique la plus connue et la plus recherchée dans notre histoire, et surtout à partir du moyen âge.

Pierre philosophale, symboliquement rouge

3 pouvoirs principaux lui sont associés; elle permet de changer les métaux vils en argent ou en or, de guérir les maladies et de prolonger la vie humaine au-delà de ses bornes naturelles.

Mais sa description physique reste néanmoins très flou, et a changée au cours des siècles.

Au moyen âge, c’était une substance liquide, d’origine Arabe, appelé « Élixir » (al-iksîr), qui permet la transmutation des métaux en or ; mais cette substance est parfois appelée « la Pierre » (al-hajar).

Elixir, dOr liquide ?

Du coup, elle est devenue très rapidement, la Pierre des philosophes, soit la Pierre philosophale, hors, ce n’est pas une Pierre.

Alors pourquoi cet élixir était-il appelé « Pierre », et même parfois Pierre de Feu ?

La notion de « feu » vient certainement des opérations Alchimique nécessaires pour la produire, mais pour la pierre, il faut remonter bien plus loin dans le temps,  en Égypte, au cours de la XVIII dynastie et probablement bien avant.

Pierre rouge ou pierre de feu

Effectivement, dans le livre des morts Egyptien, on parle d’une étrange matière, associée à la guérison et même à la vie éternelle, ainsi qu’au monde de l’au-delà.

Les incantations qui l’accompagnent, pratiquées uniquement par les Grands prêtres, sont toujours des opérations sur l’esprit et des manipulations Alchimiques faisant allusion au feu. Il faut préciser que cette substance est produite à partir de l’Or et qu’il existe très souvent une association à une mystérieuse matière minérale cristallisée, ayant des propriétés magiques et ressemblant à de la poudre blanche (Appelé aussi Ormus au moyen âge). Sur les stèles, elle est représentée en offrande à Anubis (Prince du monde des morts), ou aux pharaons, sous forme d’un pain triangulaire (symbole du feu), pour leur assurer une longue vie quasi éternelle.

Offrande du pain dOr, ou pierre de feu à Anubis (Prince du monde des morts)

(Voir article : Le Mont Horeb du Sinaï)

Le lien avec la Pierre philosophale semble plus claire : Guérison, vie éternelle, pouvoirs magiques, Alchimie, Pierre (ou poudre blanche), Feu, Or, Grands Prêtres (ou Philosophes).

Goutte dOr liquide

La plus grande différence est que la Pierre philosophale sublime le métal pour produire de l’Or, alors que le Mfkzt est sublimé à partir de l’Or.

Il y aura-t-il eu un petit problème d’interprétation ou de traduction ?

Grande Fraternité Blanche dHéliopolis

Les grands prêtres de l’antiquité, on toujours été les gardiens du savoir et des magies, ou des pouvoirs divins. En Egypte, les grands prêtes d’Héliopolis étaient les plus reconnus et puissants, on les appelait également, la Grande Fraternité Blanche, et son nom provenait de son intérêt pour une mystérieuse poudre blanche.

Mouvements et changements de lOr


Le Mont Horeb du Sinaï

Le mont Horeb est l’endroit, dans le Sinaï, où Moïse aurait reçut les Tables de la loi, lors de l’épisode de l’Exode, décrit dans la Bible.

En 337, l’Impératrice byzantine Hélène (la mère de l’empereur Constantin Ier de Constantinople) fit construire une chapelle sur le site où elle pensait être le Buisson-ardent de Moïse. Elle la dédia à la Vierge Marie. Part la suite, ce lieu deviendra le Monastère St Catherine, représentant le lieu officiel, encore aujourd’hui, de l’un des évènements les plus importants de l’ancien Testament.

Mais le choix de cet emplacement par l’impératrice semble imprécis. En effet, si on suit les indications de la Bible, celui-ci semble situé beaucoup trop au Sud du Sinaï, obligeant un énorme détour périlleux, pour le peuple d’Isarël. De plus, la localisation d’un arbuste précis sans bâtiment, dans une chaine de montagne aussi vaste que les Alpes, semble arbitraire ; au centre du massif, au pied de l’une des plus hautes montagnes.

Rien ne prouve non plus que ce ne soit pas le bon endroit, si on ne tient pas compte d’une récente découverte, au début du 20ème siècle, par un Archéologue anglais, d’un ancien temple beaucoup plus au Nord du Sinaï, pile sur un trajet plus logique de la migration du peuple de l’Exode.

En effet, en mars 1906, Sir W.M. Flinders Petrie découvrit les ruines d’un temple Egyptien, au premier abord assez classique, mais qui allait s’avérer très mystérieux, le temple de Sérâbît El Khâdim.

Ruine du Temple de Sérâbît El Khâdim dans le Sinaï

Pour commencer, ce fameux temple dédié à Hathor (Déesse Egyptienne nourricière ou dispensatrice de vie) est situé dans le Sinaï, en dehors des frontières Egyptiennes, en haut d’une montagne, ce qui n’est pas commun du tout, pour un temple de cette importance.

Hathor (Déesse Egyptienne nourricière ou dispensatrice de vie)

De grande importance certes, car les inscriptions hiéroglyphiques prouvent que tous les pharaons depuis la 1ère à la 18ème dynastie sont venus dans ce lieu et y ont laissés des traces.

Un temple actif pendant une période aussi longue, avec une fréquentation aussi prestigieuse, sans aucune trace écrite ailleurs, caché dans le Sinaï en haut d’une montagne, ne peut faire penser qu’à un temple secret d’une très grande importance.

Mais pourquoi, et quelle était la fonction de ce temple ?

Plan reconstitué du Temple d'Hathor

Les Egyptiens ont longtemps conservés et défendus les régions du Sinaï, sous leur domination, essentiellement pour ses nombreuses ressources en cuivre et en lapis lazulis. Depuis les premières dynasties, et peut être même bien avant, de nombreuses mines y ont été exploitées.

Effectivement, pendant les fouilles de 1906, Flinders Petrie a mis au jour d’énormes quantités de récipients et d’outils témoignant d’une forte activité industrielle (Se qui peut paraitre étrange dans un temple dédié à Hathor). On pourrait penser à une exploitation de lapis lazulis ou de cuivre, mais pourquoi tant d’attention de la part des grands de cette époque, et tant de précaution pour cacher une simple exploitation minière.

Matières brutes précieuses présentes dans le Sinaï

En outre, les salles abritaient une collection de plaques vernissées, de cartouches, de scarabées et d’ornements sacrés, avec des motifs de spirales, de losanges et de quadrillages.

Un autre fait semble difficile à expliquer, les archéologues découvrir également un creuset de métallurgiste (ce qui parait incroyable) et une quantité considérable de poudre blanche pure et très fine (dont l’origine et la composition est totalement inconnue) dissimulée sous des dalles soigneusement ajustées.

De plus, pas de cuivre ni de minerai précieux retrouvés sur le site.

Et pourtant, il parait évident, par les faits, que ce temple était dédié à la fabrication de quelque chose d’important et de secret.

Sur de nombreuses stèles et inscriptions présentent partout sur le site, certains thèmes ressortent fréquemment : Pain blanc, noble Pierre précieuse, Grand Homme qui détient les secrets de la Maison de l’Or, Pain conique, Pain et lumière, laver ou révéler l’Or, les Grands de la Confrérie Blanche et Mfkzt.

Ce dernier terme se retrouve dans le livre des morts Egyptien, de nombreuse fois, prononcé « mufkuzt », il représente une matière précieuse.

De l'Or à consommer ?

Champollion, en 1822, savait que ce n’était ni de la turquoise (ou lapis lazulis), ni du cuivre, et ni de la malachite. On sait aussi que cela désignait une forme de « pierre », d’une extrême valeur, mais considéré comme instable. En 1955, on savait que le Mfkzt était un produit minéral de valeur.

Le Feu de la Transmutation Alchimique

Ne parlons nous pas, finalement, d’une activité Alchimique initiatique et secrète ?

Et si le temple servait à produire la fameuse pierre philosophale pour les pharaons et leurs hauts dignitaires, afin de prolonger leurs vies terrestres et spirituelles ? (ce qui est justement le rôle de la déesse Hathor)

Mais, quel rapport avec le mont Horeb de Moïse ?

Extraits de la bible :

Moïse sur le Mont Horeb

« Tout le peuple entendait les tonnerres et le son de la trompette; il voyait les flammes de la montagne fumante [Peut être le creuset de métallurgiste en action]. A ce spectacle, le peuple tremblait, et se tenait dans l’éloignement. »

« Et, comme il approchait du camp, il vit le veau et les danses. La colère de Moïse s’enflamma; il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne. »

« Il prit le veau [d’Or] qu’ils avaient fait, et le brûla au feu [Comment peut-on brûler de l’Or, sauf s’il s’agit d’une opération Alchimique]; il le réduisit en poudre [Notre poudre blanche ?], répandit cette poudre à la surface de l’eau, et fit boire les enfants d’Israël. [Assurément, un rituel initiatique plutôt qu’une punition] »

N’oublions pas que la 18ème dynastie correspondant à la période de Moïse, peut être la dernière utilisation de ce temple par celui-ci.